Homélie du 2e siècle aux Corinthiens - 2 Clément

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Une deuxième épitre de Clément de Rome?

Cette homélie du 2e siècle de l’ère chrétienne a été appelée à tort : La deuxième épitre de Clément aux Corinthiens. Le malentendu vient d’un copiste du Codex Alexandrinus, ce manuscrit du début du 5e siècle, qui contient à la fin du livre la table des matières des documents copiés et a intitulé cette homélie pourtant sans titre : Klēmentos epistolē b (De Clément épitre b, i.e. deuxième). D’après cette table des manières, ce document a été copié à la suite de l’épitre de Clément de Rome aux Corinthiens. Un autre manuscrit, le codex Hierosolymitanus, daté de 1056, et découvert à Constantinople en 1873, et actuellement à Jérusalem, nous offre également cette homélie qu’elle intitule : Klēmentos pros Korinthious epistolē b (De Clément aux Corinthiens épitre b, i.e deuxième). Enfin, cette homélie se retrouve également dans une traduction syriaque, exécutée à Édesse et complétée en 1481, qui la place après l’épitre de Clément de Rome aux Corinthiens et qui la présente comme une deuxième épitre aux Corinthiens, écrite par Clément « disciple de l'apôtre Pierre ».

Qu’en disent les Père de l’Église? Le plus ancien témoignage est celui d’Eusèbe de Césarée (260-339) qui écrit : « Il ne faut pas ignorer qu'on attribue encore une seconde épître à Clément; mais nous savons qu'elle n'a pas été aussi connue que la première, puisque nous ne voyons pas que les anciens s'en soient servis » (Histoire ecclésiastique, III, 38, 4). Saint Jérôme (347-420) dit nettement que les anciens ont rejeté la deuxième lettre attribuée à Clément (De viris illustribus, ch. 15)

Enfin, quand on compare le style, le ton et la pensée de cette homélie avec la lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, le contraste est saisissant : la pensée est banale, l’expression est souvent gauche et imprécise, le contenu mal structuré. Clairement, les deux documents ne sont pas du même auteur.

Le genre littéraire, l’auteur, le lieu et la date de composition

Le genre littéraire apparaît dès le début avec les premiers mots : « Frères » (1, 1). Cet appel à un auditoire sera repris à la fin avec des mots : « frères et sœurs » (19, 1), suivis par la mention : « Je vous lis cette exhortation ». Ainsi, l’auteur s’adresse à un auditoire de chrétiens rassemblés sans doute lors d’une eucharistie, et il lit un texte qu’il a composé. Il s’agit donc d’une homélie, composée probablement par un presbytre, car la prédication était l’une de leurs tâches. D’ailleurs, l’auteur y fait clairement allusion : « Ne paraissons pas croyants et attentifs seulement a l’instant où les presbytres nous exhortent » (17, 3). Mais nous ne pouvons rien dire de plus sur l’identité de ce presbytre, sinon qu’il semble un converti du paganisme.

Où situer cette homélie? À quel auditoire était-elle adressée? Comme le texte ne dit pas clairement quelle communauté est visée par cette suite d’exhortations, il faut chercher des indices à travers son contenu. Or, dans son exhortation à affronter le mal, le presbytre utilise des images tirées des jeux du stade : « qu’aux combats périssables, bien des lutteurs accourent à force de voiles, mais qu’on y couronne seulement ceux qui ont pris de la peine et glorieusement combattu » (7, 1); « Courons dans la voie droite, au combat impérissable, embarquons-nous pour la lutte en grand nombre, et livrons bataille, afin d’être couronnés » (7, 3); « Il nous faut savoir qu’aux combats périssables, celui qui triche est battu de verges, exclu et chassé du stade » (7, 4). Ainsi, le presbytre fait appel à ce que l’auditoire devait bien connaître. Or, depuis 582 av. JC avait lieu tous les deux ans dans la région de Corinthe les Jeux isthmiques. Ces jeux comprennent des compétitions gymniques (lutte, lancer du disque et du javelot...) et hippiques, auxquels s'ajoutent des concours musicaux. Les vainqueurs reçoivent une couronne de pin, de persil ou d'ache (céleri). Saint Paul lui-même y fait référence dans son épitre aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix? Courez donc de manière à le remporter » (1 Co 9, 24). Ainsi, il est fort probable que la communauté chrétienne de Corinthe soit le lieu de composition de l’homélie.

Dès lors on pourrait s’expliquer la confusion qui s’est établie autour de ce document. Il est possible, qu’à l’origine, il y avait la mention : « Aux Corinthiens ». Un copiste, connaissant la lettre de Clément aux Corinthiens, aurait associé les deux documents qui s’adressaient aux Corinthiens, et donc aurait cru qu’ils étaient du même auteur, ce qui a donné le titre : deuxième lettre aux Corinthiens.

Il nous reste une dernière question : à quelle époque cette homélie a-t-elle été composée? Un des indices que nous avons est le fait que les jeux Isthmiques disparurent sous l'empereur Hadrien vers 130 ap. JC. Donc, il faut postuler une date qui se situe dans le premier quart du 2e siècle au plus tard. Un autre indice nous vient de l’utilisation du mot « sceau » pour décrire le baptême, comme le fait le pasteur d’Hermas dans ses Visions, un document écrit en partie vers 100-120.

L’univers théologique de cette homélie

Le thème central de l’homélie est le salut de l’auditeur, surtout face au jugement de Dieu qui vient et fait peur : le substantif « salut » ou le verbe « sauver » reviennent sans cesse tout au long de l’homélie. D’ailleurs, l’auteur l’écrit explicitement : « Je vous lis cette exhortation, afin qu’en prêtant attention aux choses qui ont été écrites, vous vous sauviez vous-mêmes et votre lecteur avec vous. » (19, 1). Qu’entend-il par salut? C’est la promesse du Christ du « repos du royaume futur et de la vie éternelle » (5, 5).

Mais pour hériter du royaume futur et de la vie éternelle il y a des conditions. L’auteur demande ainsi de confesser Jésus Christ « en faisant ce qu’il dit, en ne refusant pas d’obéir à ses commandements » (3, 4). Tout est donc du côté de l’agir. Au long de l’homélie il nous donne une liste de choses à faire, et d’autres à éviter. Parmi les choses à faire, nommons : l’amour mutuel, la pratique de la continence, le comportement miséricordieux et bon, la compassion les uns pour les autres (4, 3), conserver pure notre chair (8, 4), faire le bien (10, 2), pratiquer la justice (11, 7) et les bonnes œuvres, considérer le sexe opposé comme un frère ou une sœur (12, 4-5), demeurer juste et pieux (15, 3), pratique l’aumône et la charité (16, 4). Puis, à l’opposé, dans la liste de comportements à éviter, nommons : l’idolâtrie (1, 6), l’adultère, la détraction mutuelle, la jalousie, l’amour de l’argent (4, 3), désirer les biens de ce monde (5, 6), la corruption, l’avarice et la tromperie (6, 4), avoir l’âme partagée (11, 5), ne pas renoncer à la volupté et laisser prise aux mauvais désirs (16, 2), ne pas se détourner des idoles (17, 1), se laisser entraîner par les désirs terrestres (17, 3).

Cette homélie est donc constituée d’une longue liste d’exhortations à quitter les comportements répréhensibles pour mettre en pratique ce qu’il appelle les commandements du Christ. Ce changement d’attitude est présenté sous l’exhortation à « faire pénitence » qui est l’un des fils conducteurs de l’homélie. On notera qu’un des lieux qui fait régulièrement l’objet de l’exhortation concerne la sexualité : le mot « continence » revient deux fois (par exemple, « Je ne pense pas avoir donné là un conseil peu important sur la continence », 15, 1), et les rapports homme-femme devraient être sans lien sexuel (« qu’un frère à la vue d’une soeur ne pense point au sexe féminin à son propos, et qu’elle à son tour ne pense point au masculin, 12, 5); la pureté de la chair a un impact sur la vie éternelle (« en conservant pure notre chair, nous obtiendrons la vie éternelle ». Tout cela donne l’impression que le mouvement encratique exerçait une certaine influence. Notons qu’il n’y a ici rien de nouveau, puisque ce mouvement apparaît déjà dans l’une des questions que la communauté de Corinthe pose à Paul vers l’an 54 : « N’est-il pas bon pour l'homme de s'abstenir de la femme? » (1 Co 7, 1).

La vision de l’auteur de l’histoire humaine comporte quelque chose de remarquable. Cette histoire est vue comme une période transitoire, un temps de préparation à la vie future. Il emploie l’image du travail du potier (8, 2) qui passe par deux phases, celle où l’argile est malléable et à laquelle le potier peut donner diverses formes, et celle de la mise au four où le vase prend sa forme définitive et inaltérable. Cette vie-ci est le temps du repentir (8, 2), où on peut encore changer nos comportements, avant l’arrivée du jugement final. Et la vision de cette vie-ci est très négative pour le chrétien. L’auteur réutilise l’image évangélique des agneaux au milieu des loups. Le monde actuel est un monde où règne l’idolâtrie et l’obscurité (1, 6), qui encourage tous les vices (l’adultère, la corruption, l’avarice, tromperie, la volupté, etc.). Le monde actuel n’est pas un monde à transformer, mais un monde face auquel on prend ses distances, dont il faut sortir (5, 1), car il est sous l’emprise du diable (18, 2). Il faut donc regarder les biens de ce monde comme nous étant étrangers et ne point les désirer (5, 6), car le siècle présent et le siècle futur sont en opposition. Tout cela peut faire en sorte que le chrétien puisse se sentir malheureux (19, 4), ou encore troublée « à la vue des méchants dans la richesse et des serviteurs de Dieu dans la détresse » (20, 1). Même si l’auteur exhorte son auditoire à porter témoignage devant les non-chrétiens par leur attitude charitable, tout l’intérêt du chrétien se porte sur la vie future où, au jour du jugement, les incrédules seront confondus et punis au feu qui ne s’éteint pas, tandis que les croyants rendront gloire à Dieu (17, 5-7).

Les références scripturaires dans l’homélie

Elles ne sont pas nombreuses, surtout si on fait une comparaison avec la lettre de Clément de Rome aux Corinthiens. De plus, on note la présence de références que l’auteur considère comme biblique, mais dont on ignore la provenance; il s’agit probablement de traditions qui seront jugées par la suite apocryphes. C’est le signe qu’à l’époque le canon des Écritures du Nouveau Testament n’était pas encore établi. Voici la liste des citations scripturaires en commençant par l’Ancien Testament, suivi du Nouveau Testament.

Ancien Testament :

  • Gn 1, 27
  • Is 29, 13
  • Is 34, 4
  • Is 52, 5
  • Is 54, 1
  • Is 58, 9
  • Is 66, 18
  • Is 66, 24
  • Jr 7, 11
  • Ez 14, 14.18.20
  • Ml 4, 1

Nouveau Testament

  • Mt 6, 24
  • Mt 7, 21
  • Mt 9, 13
  • Mt 10, 32
  • Mt 12, 50
  • Mt 16, 26
  • Lc 6, 32.35
  • Lc 8, 21
  • Lc, 12, 8
  • Lc 16, 10-12
  • Lc 16, 13
  • Rm 12, 16
  • 1 Co 2, 9
  • Ep 1, 22.23
  • Ep 4, 18
  • 1 P 4, 8

Qu’observe-t-on? Sur les 11 références à l’AT, dix le sont aux prophètes, en particulier sept au prophète Isaïe, la seule exception étant une référence au livre de la Genèse. De plus, sur les références au prophète Isaïe, cinq le sont mot à mot au texte de la Septante (Is 52, 5; 54, 1; 58, 9; 66, 18.24). Qu’est-ce à dire? Il est possible qu’Isaïe était lu fréquemment dans les rassemblements liturgiques au point d’être très connu, surtout par les presbytres qui présidaient au rassemblement. Mais quand on observe la citation littérale d’Is 54, 1 qui contient 23 mots, il est raisonnable de penser que l’auteur avait peut-être en sa possession le texte du prophète Isaïe. Notons qu’à part Isaïe, seule la référence à Genèse 1 semble partiellement mot à mot, sans doute le résultat d’une expression (« Dieu fit l’homme mâle et femelle ») souvent utilisée et archi connue. Pour le reste, l’auteur cite l’AT de mémoire.

Observons également comment sont introduites ces citations scripturaires. Le plus souvent l’auteur écrit : « L’écriture (hē graphē) dit ». Mais parfois c’est l’expression « le Seigneur dit » ou « Dieu dit » qu’il utilise. Cela signifie qu’il existait à l’époque un corps d’écrits juifs assez bien fixé qu’on associait à une parole provenant de Dieu et portait de le tire d’ « Écriture » et qu’on lisait lors des rassemblements liturgiques.

Qu’en est-il des références au Nouveau Testament. Tout d’abord, notons que sur les 16 références, 11 le sont aux évangiles. Et ce sont seulement ces références évangéliques qui sont introduite par l’expression : « Dieu dit », ou « le Seigneur dit », ou « le Christ dit », ou, chose remarquable : « l’autre écriture dit ». Ainsi, nous avons le témoignage que les évangiles étaient maintenant reconnus comme « écriture » au même titre que les livres de l’AT. Cependant, nous n’avons pas d’information sur quels évangiles étaient connus à Corinthe. D’après cette homélie, seuls les évangiles selon Matthieu et Luc semblent connus. On peut le comprendre, car l’évangile de Matthieu fut rapidement populaire dès le début, car il semblait le plus complet et le mieux structuré. Quant à l’évangile selon Luc, il a probablement été composé dans la ville même Corinthe (voir A. Gilbert, Où fut écrit l'évangile de Luc), et il serait normal que quelques copies s’y trouvent. Aucune référence à l’évangile de Jean ne peut être détecté, signe qu’il a fallu un certain avant que cet évangile devienne universellement accepté. Qu’en est-il de Marc? Il ne semble connu qu’à travers les récits synoptiques de Matthieu et Luc.

On trouve cinq références aux écrits non évangéliques du NT. Elles ne sont pas introduites par une formule particulière, mais apparaissent comme des expressions courtes bien connus, comme « La charité couvre la multitude des péchés » (1 P 4, 8). Il ne semble pas qu’était constitué, ou du moins connu, un corpus d’écrits qu’on appelle aujourd’hui soit les épitres pauliniennes, soit les épitres apostoliques. De plus, ces références souvent très courtes semblent appartenir avant tout à culture orale.

Structure et contenu de l’homélie

Il est difficile d’établir une structure claire à cette homélie : l’auteur touche à plusieurs thèmes sans qu’on sente une progression dans les idées. Néanmoins, essayons de regrouper un certain nombre de points abordés.

Introduction : présentation des deux sujets qui seront traités (1, 1)

  1. La perspective du jugement final par Jésus-Christ
  2. L’importance de voir à son salut

  1. La situation de l’auditoire autrefois (1, 2 – 3, 3)
    • Plongée dans l’ignorance, l’auditoire adorait des idoles
    • Jésus-Christ, ému de compassion devant cet égarement, l’a sauvé en apportant la lumière
    • Tout cela est reflété par Isaïe qui parle de la stérile et délaissée qui est devenue féconde, et par l’Évangile qui affirme que Jésus est venu pour appeler non les justes, mais les pécheurs
    • Jésus a sauvé l’auditoire en l’amenant à la connaissance du Père de vérité, le vrai Dieu

  2. Maintenant, le croyant doit confesser le Christ en faisant ce qu’il commande (3, 4 – 4, 5)
    • Car la confession n’est pas seulement avec les lèvres, mais avec des actions concrètes
    • Il faut s’aimer les uns autres, être miséricordieux, continent, éviter l’adultère, la médisance, la jalousie

  3. Il faut prendre conscience que nous vivons dans un monde hostile et transitoire (5, 1 – 6, 9)
    • Il ne faut pas craindre de sortir de ce monde où le croyant est un agneau au milieu de loups
    • Il faut prendre conscience que le séjour en cette chair est bref à comparer à la vie éternelle
    • Aussi regardons les biens de ce monde comme étrangers et ne les désirons pas
    • Le siècle présent et le siècle futur sont deux ennemis, car l’un invite aux vices, l’autre à y renoncer
    • C’est en faisant la volonté de Dieu que nous serons sauvés, autrement c’est le châtiment éternel qui nous attend

  4. Exhortation à combattre (7, 1 – 9, 11)
    • Images des luttes aux jeux du stade
    • C’est le temps de faire pénitence, i.e. de se laisser transformer, comme l’argile dans les mains du potier, avant la mise au four
    • Il faut donc conserver chaste notre chair afin d’avoir la vie éternelle
    • Car cette chair est le temple de Dieu, et c’est cette chair que Jésus sauve et ressuscite
    • Acception d’être guéris par le médecin qu’est le Christ pendant qu’il est encore temps

  5. Exhortation à vivre selon la vertu et à fuir l’impiété, connaissant les promesses de Dieu (10, 1 – 11, 7)
    • Rappel que la paix accompagne celui qui fait le bien, tandis qu’elle échappe à celui qui préfère la volupté d’ici-bas et qui connaitront la condamnation
    • Appel à servir Dieu d’un cœur pur et de croire en ses promesses
    • Il ne faut pas hésiter à croire aux promesses, sachant que la vigne, après avoir perdu ses feuilles, retrouve ses bourgeons à chaque printemps
    • Si donc nous pratiquons la justice devant Dieu, nous recevrons la promesse du royaume

  6. Exhortation à attendre la venue du royaume de Dieu (12, 1 - 6)
    • Nous ignorons le jour où Dieu se manifestera.
    • Ce royaume viendra quand le croyant manifestera ses bonnes œuvres et sera totalement chaste

  7. Exhortation à faire pénitence (13, 1 – 17, 7)
    • Appel à une pénitence du fond de l’âme pour opérer le salut
    • En faisant preuve d’un excès de bonté, même les païens seront dans l’admiration
    • Qui fait la volonté de Dieu appartient à l’Église spirituelle
    • Cette Église spirituelle est devenue visible dans la chair du Christ, là où vient résider l’Esprit Saint, d’où la nécessité de ne pas outrager sa chair
    • Voilà un conseil important concernant la continence
    • Répondons à la promesse de Dieu en demeurant juste et pieux et en ramenant les égarés au salut, en renonçant aux voluptés et aux mauvais désirs
    • Bientôt viendra le jour du jugement où se manifesteront les oeuvres secrètes ou publiques des hommes
    • Qui aura pratiqué l’aumône et la charité sera jugé parfait
    • Il faut se détourner des idoles et enseigner la doctrine, tout en s’aidant les uns les autres à faire le bien
    • Il faut se rassembler régulièrement pour se soutenir dans l’observance des préceptes du Seigneur
    • Quand viendra le jour du jugement, les incrédules seront confondus et punis par de terribles supplices dans un feu inextinguible, mais les justes rendront gloire à Dieu.

  8. Conclusion (18, 1 – 20, 5)
    • Moi-même, le presbytre, qui suis pécheur, je me hâte de poursuivre la justice, car je redoute le jugement futur
    • But de cette homélie : le salut de l’auditeur et du lecteur par un repentir sincère; cela soutiendra également les jeunes qui veulent imiter la bonté de Dieu
    • Il ne faut pas s’indigner si on se fait reprendre, car on peut faire le mal sans s’en apercevoir
    • Obéissons aux préceptes, même s’il faut un peu souffrir en ce monde
    • Que l’homme pieux ne s’attriste donc pas si présentement il est malheureux, car d’heureux jours l’attendent
    • Il ne faut pas être troublé par la situation présente où les méchants s’enrichissent et les chrétiens souffrent : c’est une épreuve où il faut se montrer patient.
    • Doxologie finale.

Le texte intégral

On peut retrouver le texte intégral grec et sa traduction française en ligne : Les Pères apostoliques, II : Clément de Rome. Épitre aux Corinthiens, homélie du 2e siècle. Texte grec, traduction française, introduction et index par Hippolyte Hemmer. Paris : Librairie Alphonse Picard et fils, 1909, 204 p. Nous avons reproduit cette traduction française, en apportant néanmoins quelques modifications mineures pour un sens plus littéral.

VersetTraduction françaiseTexte grec

Chapitre 1

1Frères, nous devons considérer Jésus-Christ comme Dieu, comme « le juge des vivants et des morts » et nous ne devons pas peu estimer notre salut.Ἀδελφοί, οὕτως δεῖ ἡμᾶς φρονεῖν περὶ Ἰησοῦ Χριστου, ὡς περὶ θεοῦ, ὡς περὶ κριτοῦ ζώντων καὶ νεκρῶν· καὶ οὐ δεῖ ἡμᾶς μικρὰ φρονεῖν περὶ τῆς σωτηρίας ἡμῶν.
2Si nous n’avons de Jésus qu’une pauvre idée, nous n’espérons non plus recevoir (de lui) que de faibles biens. C’est pécher que d’en écouter l’annonce comme de biens médiocres ; et nous péchons nous-mêmes si nous ignorons d’où nous avons été appelés, par qui et pour quel séjour, que de maux enfin Jésus-Christ a supporté de souffrir pour nous.ἐν τῷ γὰρ φρονεῖν ἡμᾶς μικρὰ περὶ αὐτοῦ, μικρὰ καὶ ἐλπίζομεν λαβεῖν· καὶ οἱ ἀκούοντες ὡς περὶ μικρῶν ἁμαρτάνουσιν, καὶ ἡμεῖς ἁμαρτάνομεν οὐκ εἰδότες, πόθεν ἐκλήθημεν καὶ ὑπὸ τίνος καὶ εἰ ὃν τόπον, καὶ ὅσα ὑπέμεινεν Ἰησοῦς Χριστὸς παθεῖν ἕνεκα ἡμῶν.
3Quelle compensation lui offrirons-nous donc en retour ? Ou quel fruit qui soit digne de ce qu’il nous a donné ? De quels bienfaits ne lui sommes-nous pas redevables?τίνα οὖν ἡμεῖς αὐτῷ δώσομεν ἀντιμισθίαν, ἢ τίνα καρπὸν ἄξιον οὗ ἡμῖν αὐτὸς ἔδωκεν; πόσα δὲ αὐτῷ ὀφείλομεν ὅσια;
4Il nous a donné la lumière ; comme un père il nous a appelés ses fils ; il nous a sauvés, alors que nous périssions.τὸ φῶς γὰρ ἡμῖν ἐχαρίσατο, ὡς πατὴρ υἱοὺς ἡμᾶς προσηγο?´ρευσεν, ἀπολλυμένους ἡμᾶς ἔσωσεν.
5Quelle louange lui donner, quelle récompense, en retour de ce que nous avons reçu ?ποῖον οὖν αἶνον αὐτῷ δώσομεν ἢ μισθὸν ἀντιμισθίας ὧν ἐλάβομεν;
6Dans notre aveuglement d’esprit, nous adorions des objets de pierre, de bois, d’or, d’argent, de bronze, ouvrages des hommes ; notre vie tout entière n’était qu’une mort. Nous étions entourés d’obscurité, nos yeux étaient pleins de ténèbres ; et voilà que nous avons recouvré la vue, et dissipé par son bon vouloir le nuage qui nous environnait.πηροὶ ὄντες τῇ διανοίᾳ, προσκυνοῦντες λίθους καὶ ξύλα καὶ χρυσὸν καὶ ἄργυρον καὶ χαλκόν, ἔργα ἀνθρώπων· καὶ ὁ βίος ἡμῶν ὅλος ἄλλο οὐδὲν ἦν εἰ μὴ θάνατος. ἀμαύρωσιν οὖν περικείμενοι καὶ τοιαύτης ἀχλύος γέμοντες ἐν τῇ ὁράσει, ἀνεβλέψαμεν ἀποθέμενοι ἐκεῖνο ὃ περικείμεθα νέφος τῇ αὐτοῦ θελήσει.
7Car il a eu pitié de nous et il nous a sauvés, ému de compassion à la vue de l’égarement et de la ruine où nous étions plongés, sans autre espérance de salut que celle qui vient de lui.ἠλέησεν γὰρ ἡμᾶς καὶ σπλαγχνισθεὶς ἔσωσεν, θεασάμενος ἐν ἡμῖν πολλὴν πλάνην καὶ ἀπώλειαν, καὶ μηδεμίαν ἐλπίδα ἔχοντας σωτηρίας, εἰ μὴ τὴν παρ’ αὐτοῦ.
8Il nous a appelés alors que nous n’étions pas, sa volonté nous a fait passer du néant à l’être. ἐκάλεσεν γὰρ ἡμᾶς οὐκ ὄντας καὶ ἠθέλησεν ἐκ μὴ ὄντος εἶναι ἡμᾶς.

Chapitre 2

1« Réjouis-toi, stérile qui n’enfantes pas; éclate en cris, toi qui n’accouches pas ; car la délaissée a beaucoup d’enfants, plus que celle qui a un époux. » (Is 54, 1) Par ces paroles : « Réjouis-toi, stérile qui n’enfantes pas », c’est nous qui sommes désignés; car notre église était stérile avant que des enfants lui fussent donnés.Εὐφράνθητι, στεῖρα ἡ οὐ τίκτουσα, ῥῆξον καὶ βόησον, ἡ οὐκ ὠδίνουσα, ὅτι πολλὰ τὰ τέκνα τῆς ἐρήμου μᾶλλον ἢ τῆς ἐχούσης τὸν ἄνδρα. ὃ εἶπεν· Εὐφράνθητι, στεῖρα ἡ οὐ τίκτουσα, ἡμᾶς εἶπεν· στεῖρα γὰρ ἦν ἡ ἐκκλησία ἡμῶν πρὸ τοῦ δοθῆναι αὐτῇ τέκνα.
2Ces paroles : « Crie, toi qui n’accouches pas », nous engagent à faire monter nos prières vers Dieu avec simplicité, sans perdre coeur comme les femmes dans l’enfantement.ὃ δὲ εἶπεν· Βόησον, ἡ οὐκ ὠδίνουσα, τοῦτο λέγει· τας προσευχὰς ἡμῶν ἁπλῶς ἀναφέρειν πρὸς τὸν θεόν, μὴ ὡς αἱ ὠδίνουσαι ἐγκακῶμεν,
3« La délaissée a beaucoup d’enfants, plus que celle qui a un époux », signifie : le peuple dont nous sommes, semblait abandonné de Dieu ; mais maintenant que nous avons cru, nous sommes devenus plus nombreux que ceux dont Dieu paraissait la propriété.ὃ δὲ εἶπεν· Ὅτι πολλὰ τὰ τέκνα τῆς ἐρήμου μᾶλλον ἢ τῆς ἐχούσης τὸν ἄνδρα· ἐπεὶ ἔρήμος ἐδόκει εἶναι ἀπὸ τοῦ θεοῦ ὁ λαὸς ἡμῶν, νυνὶ δὲ πιστεύσαντες πλείονες ἐγενόμεθα τῶν δοκούντων ἔχειν θεόν.
4L’autre Écriture dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9, 13; Mc 2, 17; cf Lc 5, 32);καὶ ἑτέρα δὲ γραφὴ λέγει, ὅτι οὐκ ἦλθον καλέσαι δικαίους, ἀλλὰ ἁμαρτωλούς·
5c’est-à-dire : il faut que ceux qui se perdent soient sauvés.τοῦτο λέγει, ὅτι δεῖ τοὺς ἀπολλυμένους σώζειν.
6Ce qu’il y a en effet de grand et d’admirable, c’est d’affermir, non les édifices solides, mais ceux qui croulent. ἐκεῖνο γάρ ἐστιν μέγα καὶ θαυμαστὸν οὐ τὰ ἑστῶτα στηρίζειν, ἀλλὰ τὰ πίπτοντα.
7Ainsi a fait le Christ : il a voulu sauver ce qui périssait, et il en a sauvé un grand nombre, étant venu et nous ayant appelés quand déjà nous périssions. οὕτως καὶ ὁ Χριστὸς ἠθέλησεν σῶσαι τὰ ἀπολλύμενα, καὶ ἔσωσεν πολλούς ἐλθὼν καὶ καλέσας ἡμᾶς ἤδη ἀπολλυμένους.

Chapitre 3

1Quelle grande miséricorde (le Christ) nous a témoignée! et d’abord en ce que nous, qui vivons, nous ne sacrifions pas aux dieux morts, que nous ne les adorons pas, mais que nous connaissons, grâce à lui, le Père de vérité. Quelle est donc la connaissance qui mène au Père de vérité, sinon de ne pas nier celui-là par qui nous l’avons connu. Τοσοῦτον οὖν ἔλεος ποιήσαντος αὐτοῦ εἰς ἡμᾶς, πρῶτον μέν, ὅτι ἡμεῖς οἱ ζῶντες τοῖς νεκροῖς θεοῖς οὐ θύομεν καὶ οὐ προσκυνοῦμεν αὐτοῖς, ἀλλὰ ἔγνωμεν δι’ αὐτοῦ τὸν πατέρα τῆς ἀληθείας· τίς ἡ γνῶσις ἡ πρὸς αὐτοῦ τὸν πατέρα τῆς ἀληθείας· τίς ἡ γνῶσις ἡ πρὸς αὐτόν, ἢ τὸ μὴ ἀρνεῖσθαι δι’ οὗ ἔγνωμεν αὐτόν;
2(Le Christ) lui-même a dit : « Celui qui m’aura confessé devant les hommes, je le confesserai devant mon Père » (Mt 10, 32; Lc 12, 8).λέγει δὲ καὶ αὐτός· Τὸν ὁμολογήσαντά με ἐνώπιον τῶν ἀνθρώπων, ὁμολογήσω αὐτὸν ἐνώπιον τοῦ πατρός μου.
3Voilà la récompense qui est la nôtre, si nous confessons celui qui nous a sauvés.οὗτος οὖν ἐστὶν ὁ μισθὸς ἡμῶν, ἐὰν οὖν ὁμολογήσωμεν δι’ οὗ ἐσώμεν.
4Et de quelle sorte le confesserons-nous ? En faisant ce qu’il dit, en ne refusant pas d’obéir à ses commandements, en l’honorant, non seulement des lèvres, mais de tout coeur et de tout notre esprit.ἐν τίνι δὲ αὐτὸν ὁμολογοῦμεν; ἐν τῷ ποιεῖν ἃ λέγει καὶ μὴ παρακούειν αὐτοῦ τῶν ἐντολῶν, καὶ μὴ μόνον χείλεσιν αὐτὸν τιμᾶν, ἀλλὰ ἐξ ὅλης καρδίας καὶ ἐξ ὅλης τῆς διανοίας.
5Il dit en effet dans Isaïe : « Ce peuple m’honore des lèvres; mais leur coeur est loin de moi. » (Is 29, 13)λέγει δὲ καὶ ἐν τῷ Ἡσαΐα· Ὁ λαὸς οὗτος τοῖς χείλεσίν με τιμᾷ, ἡ δὲ καρία αὐτῶν πόρρω ἄπεστιν ἀπ’ ἐμοῦ.

Chapitre 4

1Ne nous contentons donc pas de l’appeler Seigneur, car cela ne nous sauvera pas.Μὴ μόνον οὖν αὐτὸν καλῶμεν κύριον· οὐ γὰρ τοῦτο σώσει ἡμᾶς.
2Il dit en effet : « Ce n’est pas toute personne qui me dit : Seigneur! Seigneur! qui sera sauvée ; c’est celle qui pratique la justice. » (Mt 7, 21)λέγει γάρ· Οὐ πᾶς ὁ λέγων μοι· Κύριε, κύριε, σωθήσεται, ἀλλ’ ὁ ποιῶν τὴν κικαιοσύνην.
3Par conséquent, frères, confessons-le par nos actions : aimons-nous les uns les autres, fuyons l’adultère, la détraction mutuelle, la jalousie ; soyons continents, miséricordieux et bons ; c’est aussi notre devoir de compatir les uns aux autres, et de ne pas aimer l’argent, c’est par ces oeuvres que nous le confesserons et non par les oeuvres contraires.ὥστε οὖν, ἀδελφοί, ἐν τοῖς ἔργοις αὐτὸν ὁμολογῶμεν, ἐν τῷ ἀγαπᾶν ἐαυτούς, ἐν τῷ μὴ μοιχᾶσθαι μηδὲ καταλαλεῖν ἀλλήλων μηδὲ ζηλοῦν, ἀλλ’ ἐγκρατεῖς εἶναι, ἐλεήμονας, ἀγαθούς· καὶ συμπάσχειν ἀλλήλοις ὀφείλομεν, καὶ μὴ φιλαργυρεῖν. ἐν τούτοις τοῖς ἔργοις ὁμολογῶμεν αὐτὸν καὶ μὴ ἐν τοῖς ἐναντίοις·
4Ce n’est pas les hommes, mais Dieu que nous devons craindre davantage.καὶ οὐ δεῖ ἡμᾶς φοβεῖσθαι τοὺς ἀνθρώπους μᾶλλον, ἀλλὰ τὸν θεόν.
5Si vous agissez de la sorte, le Seigneur vous dit : « Si vous êtes avec moi rassemblés sur mon sein et que vous n’observiez point mes préceptes, je vous repousserai et je vous dirai : Éloignez-vous de moi ! je ne vous connais pas, je ne sais d’où vous êtes, ouvriers d’iniquité. » διὰ τοῦτο, ταῦτα ὑμῶν πρασσόντων, εἶπεν ὁ κύριος· Ἐὰν ἦτε μετ’ ἐμοῦ συνηγμένοι ἐν τῷ κόλπῳ μου καὶ μὴ ποιῆτε τὰς ἐντολάς μου, ἀποβαλῶ ὑμᾶς καὶ ἐρῶ ὑμῖν· Ὑπάγετε ἀπ’ ἐμου, οὐκ οἶδα ὑμᾶς, πόθεν ἐστέ, ἐργάται ἀνομίας.

Chapitre 5

1C’est pourquoi, frères, laissant le séjour de ce monde, faisons la volonté de celui qui nous a appelés et ne craignons pas de sortir de ce monde.Ὅθεν, ἀδελφοί, καταλείψαντες τὴν παροικίαν τοῦ κόσμου τούτου ποιησωμεν τὸ θέλημα τοῦ καλέσαντος ἡμᾶς, καὶ μὴ φοβηθῶμεν ἐξελθεῖν ἐκ τοῦ κόσμου τούτου.
2Le Seigneur a dit en effet : « Vous serez comme des agneaux au milieu des loups. »λέγει γὰρ ὁ κύριος Ἔσεσθε ὡς ἀρνία ἐν μέσῳ λύκων.
3Pierre lui répondit : « Et si les loups déchirent les agneaux ? »ἀποκριθεὶς δὲ ὁ Πέτρος αὐτῷ λέγει· Ἐὰν οὖν διασπαράξωσιν οἱ λύκοι τὰ ἀρνία;
4Et Jésus dit à Pierre : « Les agneaux, après leur mort, n’ont plus à craindre les loups. Vous non plus, ne craignez pas ceux qui vous tuent et qui ensuite ne peuvent plus rien vous faire ; mais craignez celui qui, après votre mort, a la puissance de jeter votre âme et votre corps dans la géhenne du feu. » (cf Mt 10, 28; Lc 12, 5)εἶπεν ὁ Ἰησοῦς τῷ Πέτρῳ· Μῃ φοβείθωσαν τὰ ἀρνία τοὺς λύκους μετὰ τὸ ἀποθανεῖν αὐτά· καὶ ὑμεῖς μὴ φοβεῖσθε τοὺς ἀποκτέννοντας ὑμᾶς καὶ μηδὲν ὑμῖν δυναμένους ποιεῖν, ἀλλὰ φοβεῖσθε τὸν μετὰ το ἀποθανεῖν ὑμᾶς ἔχοντα ἐξουσίαν ψυχῆς καὶ σώματος τοῦ βαλεῖν εἰς γέενναν πυρός.
5Sachez aussi, frères, que le séjour de cette chair en ce monde est bref et de peu de durée, tandis que la promesse du Christ est grande et merveilleuse, ainsi que le repos du royaume futur et de la vie éternelle. καὶ γινώσκετε, ἀδελφοί, ὅτι ἡ ἐπιδημία ἡ ἐν τῷ κόσμῳ τούτῳ τῆς σαρκὸς ταύτης μικρά ἐστιν καὶ ὀλιγοχρόνιος, ἡ δὲ ἐαπγγελία τοῦ Χριστοῦ μεγάλη καὶ θαυμαστή ἐστιν, καὶ ἀνάπαυσις τῆς μελλούσης βασιλείας καὶ ζωῆς αἰωνίου.
6Que faire donc pour obtenir ces biens, sinon passer sa vie dans la sainteté et la justice, regarder les biens de ce monde comme nous étant étrangers et ne point les désirer.τί οὖν ἐστὶν ποιήσαντας ἐπιτυχεῖν αὐτῶν, εἰ μὴ τὸ ὁσίως καὶ δικαίως ἀναστρέφεσθαι καὶ τὰ κοσμικὰ ταῦτα ὡς ἀλλότρια ἡγεῖσθαι καὶ μὴ ἐπιθυμεῖν αὐτῶν;
7Car à l’instant où nous désirons de les posséder, nous dévions du chemin de la justice. ἐν γὰρ τῷ ἐπιθυμεῖν ἡμᾶς κτήσασθαι ταῦτα ἀποπίπτομεν τῆς ὁδοῦ τῆς δικαίας.

Chapitre 6

1Le Seigneur dit : « Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres. » (Lc 16, 13 || Mt 6, 24) Si nous voulons servir à la fois Dieu et Mamon, c’est à notre dommage.Λέγει δὲ ὁ κύριος· Οὐδεὶς οἰκέτης δύναται δυσὶ κυρίοις δουλεύειν. ἐὰν ἡμεῖς θέλωμεν καὶ θεῷ δουλεύειν καὶ μαμωνᾷ, ἀσύμφορον ἡμῖν ἐστίν.
2« Que sert en effet de gagner l’univers entier, si l’on ruine son âme ?» (Mt 16, 26; cf Mc 8, 36; Lc 9, 25)τί γὰρ τὸ ὄφελος, ἐάν τις τὸν κόσμον ὅλον κερδήσῃ, τὴν δὲ ψυχὴν ζημιωθῇ;
3Or le siècle présent et le siècle futur sont deux ennemis.ἔστιν δὲ οὗτος ὁ αἰὼν καὶ ὁ μέλλων δύο ἐχθροί.
4Le premier vante l’adultère, la corruption, l’avarice et la tromperie ; le second y renonce.οὗτος λέγει μοιχείαν καὶ φθορὰν καὶ φιλαργυρίαν καὶ ἀπάτην, ἐκεῖνος δὲ τούτοις ἀποτάσσεται.
5Nous ne pouvons donc être amis de tous deux ; mais il nous faut renoncer au premier, et tenir avec le second.οὐ δυνάμεθα οὖν τῶν δύο φίλοι εἶναι· δεῖ δὲ ἡμᾶς τούτῳ ἀποταξαμένους ἐκείνῳ χρᾶσθαι.
6Nous pensons qu’il vaut mieux haïr les biens d’ici-bas, parce qu’ils sont médiocres, éphémères et corruptibles, pour aimer les autres, les biens incorruptibles.οἰόμεθα, ὅτι βέλτιόν ἐστιν τὰ ἐνθάδε μισῆσαι, ὅτι μικρὰ καὶ ὀλιγοχρόνια καὶ φθαρτά, ἐκεῖνα δὲ ἀγαπῆσαι, τὰ ἀγαθὰ τὰ ἄφθαρτα.
7A faire la volonté du Christ nous trouverons le repos ; autrement, si nous refusons d’obéir à ses commandements, rien ne nous sauvera de l’éternel châtiment.ποιοῦντες γὰρ τὸ θέλημα τοῦ Χριστοῦ εὑρήσομεν ἀνάπαυσιν· εἰ δὲ μήγε, οὐδὲν ἡμᾶς ῥύσεται ἐκ τῆς αἰωνίου κολάσεως,ἐὰν παρακούσωμεν τῶν ἐντολῶν αὐτοῦ.
8Car l’Écriture dit, dans Ézéchiel, que « lors même que Noé, Job et Daniel ressusciteraient, ils ne délivreraient point leurs enfants de la captivité. » (Ez 14, 14.18.20)λέγει δὲ καὶ ἡ γραφὴ ἐν τῷ Ἰεζεκιήλ, ὅτι ἐὰν ἀναστῇ Νῶε καὶ Ἰωβ καὶ Δανιήλ, οὐ ῥύσονται τὰ τέκνα αὐτῶν ἐν τῇ αἰχμαλωσίᾳ.
9Si des hommes aussi justes ne peuvent par leur propre justice délivrer leurs enfants, comment aurions-nous confiance, nous, d’entrer dans le palais de Dieu si nous ne gardons pas notre baptême pur et immaculé? Qui sera notre avocat, si nous ne sommes pas trouvés avec des oeuvres saintes et justes? εἰ δὲ καὶ οἱ τοιοῦτοι δίκαιοι οὐ δύνανται ταῖς ἑαυτῶν δικαιοσύναις ῥύσασθαι τὰ τέκνα αὐτῶν, ἡμεῖς, ἐὰν μὴ τηρήσωμεν τὸ βάπτισμα ἁγνὸν καὶ ἀμίαντον, ποίᾳ πεποιθήσει εἰσελευσόμεθα εἰς τὸ βασίλειον τοῦ θεοῦ; ἢ τίς ἡμῶν παράκλητος ἔσται, ἐὰν μὴ εὑρεθῶμεν ἔργα ἔχοντες ὅσια καὶ δίκαια;

Chapitre 7

1C’est pourquoi, frères, luttons, sachant que le combat est imminent ; qu’aux combats périssables, bien des lutteurs accourent à force de voiles, mais qu’on y couronne seulement ceux qui ont pris de la peine et glorieusement combattu. Ὥστε οὖν, ἀδελφοί μου, ἀγωισώμεθα εἰδότες, ὅτι ἐν χερσὶν ὁ ἀγὼν καὶ ὅτι εἰς τοὺς φθαρτοὺς ἀγῶνας καταπλέουσιν πολλοί, ἀλλ’ οὐ πάντες στεφανοῦνται, εἰ μὴ οἱ πολλὰ κοπιάσαντες καὶ καλῶς ἀγωνισάμενοι.
2Combattons, nous, de façon à être tous couronnés.ἡμεῖς οὖν ἀγωνισώμεθα, ἵνα πάνατες στεφανωθῶμεν.
3Courons dans la voie droite, au combat impérissable, embarquons-nous pour la lutte en grand nombre, et livrons bataille, afin d’être couronnés, ou du moins, si nous ne pouvons l’être tous, afin d’approcher de la couronne.ὥστε θέωμεν τὴν ὁδὸν τὴν εὐθείαν, ἀγῶνα τὸν ἄφθαρτον, καὶ πολλοὶ εἰς στεφανωθῶμεν· καὶ εἰ μὴ δυνάμεθα πάντες στεφανωθῆναι, κἂν ἐγγὺς τοῦ στεφα?´νου γενώμεθα.
4Il nous faut savoir qu’aux combats périssables, celui qui triche est battu de verges, exclu et chassé du stade.εἰδέναι ἡμᾶς δεῖ, ὅτι ὁ τὸν φθαρτὸν ἀγῶνα ἀγωνιζόμενος, ἐὰν εὑρεθῇ φθείρων, μαστιγωθεὶς αἴρεται καὶ ἔξω βάλλεται τοῦ σταδίου.
5Que pensez-vous donc qu’il souffrira, celui qui viole les lois du combat incorruptible?τί δοκεῖτε; ὁ τὸν τῆς ἀφθαρσίας ἀγῶνα φθείρας τί παθεῖται;
6Car il est dit de ceux qui n’ont pas conservé le sceau : « Leur ver ne mourra pas, leur feu ne s’éteindra pas, ils seront en spectacle à toute chair. » (Is 66, 24)τῶν γὰρ μὴ τηρησάντων, φησίν, τὴν σφραγῖδα ὁ σκώληξ αὐτῶν οὐ τελευτήσει καὶ τὸ πῦρ αὐτῶν οὐ σβεσθήσεται, καὶ ἔσονται εἰς ὅρασιν πάσῃ σαρκί.

Chapitre 8

1Tandis que nous sommes sur la terre, faisons pénitence.Ὡς οὖν ἐσμὲν ἐπὶ γῆς, μετανοήσωμεν.
2Nous sommes de l’argile dans la main de l’ouvrier. Le potier, quand le vase qu’il fabrique se déforme ou se brise entre ses mains, le façonne de nouveau; mais s’il a commencé par le mettre dans le four embrasé, il n’y retouche plus. De même nous aussi, pendant que nous sommes en ce monde et que nous avons le temps du repentir, faisons de tout coeur pénitence du mal que nous avons commis dans notre chair, afin que nous soyons sauvés par le Seigneur.πηλὸς γάρ ἐσμεν εἰς τὴν χεῖρα τοῦ τεχνίτου· ὃν τρόπον γὰρ ὁ κεραμεύς, ἐὰν ποιῇ σκεῦος καὶ ἐν ταῖς χερσὶν αὐτοῦ διαστραφῇ ἢ συντριβῇ, πάλιν αὐτὸ ἀναπλάσσει, ἐὰν δὲ προφθάσῃ εἰς τὴν κάμινον τοῦ πυρὸς αὐτὸ βαλεῖν, οὐκέτι βοηθήσει αὐτῷ· οὕτως καὶ ἡμεῖς, ἕως ἐσμὲν ἐν τούτῳ τῷ κόσμῳ, ἐν τῇ σαρκὶ ἃ ἐπράξαμεν πονηρὰ μετανοήσωμεν ἐξ ὅλης τῆς καρδίας, ἵνα σωθῶμεν ὑπὸ τοῦ κυρίου, ἕως ἔχομεν καιρὸν μετανοίας.
3Car après être sortis du monde, nous ne pouvons plus là-bas faire l’exomologèse ni la pénitence.μετὰ γὰρ τὸ ἐξελθεῖν ἡμᾶς ἐκ τοῦ κόσμου οὐκέτι δυνάμεθα ἐκεῖ ἐξομολογήσασθαι ἢ μεταμοεῖν ἔτι.
4Donc, frères, c’est en faisant la volonté du Père, en conservant pure notre chair, nous obtiendrons la vie éternelle.ὥστε, ἀδελφοί, ποιήσαντες καὶ τὰς ἐντολὰς τοῦ κυρίου φυλάξαντες ληψόμεθα ζωὴν αἰώνιον.
5Car le Seigneur dit dans l’Évangile : « Si vous n’avez pas gardé ce qui est modique, qui vous donnera ce qui est grand ? Car, je vous le dis : Quiconque est fidèle dans les moindres choses sera aussi fidèle dans les grandes. » (Lc 16, 10-12)λέγει γὰρ ὁ κύριος ἐν τῷ εὐαγγελίῳ· Εἰ τὸ μικρὸν οὐκ ἐτηρήσατε, τὸ μέγα τίς ὑμῖν δώσει; λέγω γὰρ ὑμῖν, ὅτι ὁ πιστὸς ἐν ἐλαχίστῳ καὶ ἐν πολλῷ πιστός ἐστιν.
6C’est-à-dire : Gardez votre chair chaste, et votre sceau immaculé, afin que nous recevions la vie éternelle. ἆρα οὖν τοῦτο λέγει· τηρήσατε τὴν σάρκα ἁγνὴν καὶ τὴν σφραγῖδα ἄσπιλον, ἵνα τὴν αἰώνιον ζωὴν ἀπολάβωμεν.

Chapitre 9

1Que personne de vous ne dise que cette chair ne sera pas jugée et qu’elle ne ressuscitera pas.Καὶ μὴ λεγέτω τις ὑμῶν, ὅτι αὕτη ἡ σὰρξ οὖ κρίνεται οὐδὲ ἀνίταται.
2Sachez-le bien : quand avez-vous été sauvés, quand avez-vous retrouvé la vue, sinon dans le temps que vous étiez dans cette chair ?γνῶτε· ἐν τίνι ἐσώθητε, ἐν τίνι ἀνελέψατε, εἰ μὴ ἐν τῇ σαρκὶ ταύτῃ ὄντες;
3Il nous faut donc garder notre chair comme un temple de Dieu.δεῖ οὖν ἡμᾶς ὡς ναὸν θεοῦ φυλάσσειν τὴν σαπρκα·
4Comme il vous a appelés dans la chair, vous viendrez (à lui) dans la chair.ὃν τρόπον γὰρ ἐν τῇ σαρκὶ ἐκλήθητε, καὶ ἐν τῇ σαρκὶ ἐλεύσεσθε.
5Si le Christ, notre Seigneur, notre Sauveur, d’esprit qu’il était d’abord, s’est fait chair et nous a appelés ainsi, de même aussi c’est dans cette chair que nous recevrons notre récompense.εἰ Χριστός, ὁ κύριος ὁ σώσας ἡμᾶς, ὢν μὲν τὸ πρῶτον πνεῦμα, ἐγένετο σὰρξ καὶ οὕτως ἡμᾶς ἐκάλεσεν· οὕτως καὶ ἡμεῖς ἐ ταύτῃ τῇ σαρκὶ ἀποληψόμεθα τὸν μισθόν.
6Aimons-nous donc les uns les autres, afin d’entrer tous au royaume de Dieu.ἀγαπῶμεν οὖν ἀλλήλους, ὅπως ἔλθωμεν´πάντες εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ.
7Pendant que nous avons le temps de guérir, remettons-nous au Dieu médecin et donnons-lui en retour une récompense.ὡς ἔχομεν καιρὸν τοῦ ἰαθῆναι, ἐπιδῶμεν ἑαυτοὺς τῷ θεραπεύοντι θεῷ, ἀντιμισθίαν αὐτῷ διδόντες.
8Quelle sorte de récompense? La pénitence d’un coeur sincère.ποίαν; τὸ μετανοῆσαι ἐξ εἰλικρινοῦς καρδίας.
9Car il connaît d’avance toutes choses et il perçoit l’intime du coeur.προγνώστης γάρ ἐστιν τῶν πάντων καὶ εἰδὼς ἡμῶν τὰ ἐν καρδίᾳ.
10Donnons-lui donc des louanges non seulement de bouche mais aussi de coeur, afin qu’il nous reçoive comme des fils.δῶμεν οὖν αὐτῷ αἶνον, μὴ ἀπὸ στόματος μόνον, ἀλλὰ καὶ ἀπὸ καρδίας, ἵνα ἡμᾶς προσδέξηται ὡς υἱούς.
11Car le Seigneur a dit : « Mes frères sont ceux qui font la volonté de mon Père. » (Mt 12, 50; Mc 3, 35; Lc 8, 21)καὶ γὰρ εἶπεν ὁ κύριος· Ἀδελφοί μου οὗτοί εἰσιν οἱ ποιοῦντες τὸ θέλημα τοῦ πατρός μου.

Chapitre 10

1Par conséquent, mes frères, faisons la volonté du Père qui nous a appelés, afin de vivre, et de rechercher davantage la vertu; défaisons-nous de la méchanceté qui est comme le précurseur de nos crimes et fuyons l’impiété de peur que les maux ne nous envahissent.Ὥστε, ἀδελφοί μου, ποιήσωμεν τὸ θέλημα τοῦ πατρὸς τοῦ καλέσαντος ἡμᾶς, ἵνα ζήσωμεν, καὶ διώξωμεν μᾶλλον τὴν ἀρετήν, τὴν δὲ κακίαν καταλείψωμεν ὡς προοδοιπόρον τῶν ἁμαρτιῶν ἡμῶν, καὶ φύγωμεν τὴν ἀσέβειαν, μὴ ἡμᾶς καταλάβῃ κακά.
2Car si nous nous empressons de faire le bien, la paix nous suivra.ἐὰν γὰρ σπουδάσωμεν ἀγαθοποιεῖν, διώξεται ἡμᾶς εἰρήνη.
3Voilà pourquoi elle ne peut se rencontrer chez les hommes sujets aux craintes humaines, qui préfèrent la volupté d’ici-bas à la promesse future.διὰ ταύτην γὰρ τὴν αἰτίαν οὐκ ἔστιν εὑρεῖν ἄνθρωπον, οἵτινες παράγουσι φόβους ἀνθρωπίνους, προῃρημένοι μᾶλλον τὴν ἐνθάδε ἀπόλαυσιν ἢ τὴν μέλλουσαν ἐπαγγελίαν.
4Ils ignorent quels tourments il y a dans la volupté d’ici-bas, quels délices dans la promesse future.ἀγνοοῦσιν γὰρ ἡλίκην ἔχει βάσανον ἡ ἐνθάδε ἀπόλαυσις, καὶ οἵαν τρυφὴν ἔχει ἡ μέλλουσα ἐπαγγελία.
5Si encore ils étaient seuls à agir ainsi, ce serait supportable; mais ils persistent à enseigner le mal aux âmes innocentes. Ils ne savent pas qu’ils encourront une double condamnation, eux et ceux qui les écoutent. καὶ εἰ μὲν αὐτοὶ μόνοι ταῦτα ἔπρασσον, ἀνεκτὸν ἦν· νῦν δὲ ἐπιμένουσιν κακοδιδασκαλοῦντες τὰς ἀναιτίους ψυχάς, οὐκ εἰδότες, ὅτι δισσὴν ἕξουσιν τὴν κρίσιν, αὐτοί τε καὶ οἱ ἀκούοντες αὐτῶν.

Chapitre 11

1Pour nous, servons donc Dieu avec un coeur pur, et nous serons justes ; mais si nous ne le servons pas, parce que nous ne croyons pas à ses promesses, nous serons malheureux.Ἡμεῖς οὖν ἐν καθαρᾷ καρδίᾳ δουλεύσωμεν τῷ θεῷ, καὶ ἐσόμεθα δίκαιοι· ἐὰν δὲ μὴ δουλεύσωμεν διὰ τὸ μὴ πιστεύειν ἡμᾶς τῇ ἐπαγγελίᾳ τοῦ θεοῦ, ταλαίπωροι ἐσόμεθα.
2Il est dit en effet dans les oracles des prophètes : « Malheur à ceux dont l’âme est partagée et « le coeur hésitant, à ceux qui disent : depuis longtemps « nous avons entendu ces prédictions, et même dès (le temps de) nos pères ; nous avons attendu de jour en jour, et nous n’avons rien vu de ces choses.λέγει γὰρ καὶ ὁ προφητικὸς λόγος· Ταλαίπωροί εἰσιν οἱ δίψυχοι, οἱ διστάζοντες τῇ καρδίᾳ, οἱ λέγοντες· Ταῦτα πάλαι ἠκούσαμεν καὶ ἐπὶ τῶν πατέρων ἡμῶν, ἡμεῖς δὲ ἡμέραν ἐξ ἡμέρας προσδεχόμενοι οὐδὲν τούτων ἑωράκαμεν.
3Insensés, comparez-vous à un arbre ; prenez la vigne : d’abord elle perd ses feuilles, ensuite elle produit des bourgeons, puis des fruits verts, et enfin des raisins mûrs.ἀνόητοι, συμβάλετε ἑαυτοὺς ξύλῳ· λάβετε ἄμπελον· πρῶτον μὲν φυλλοροεῖ, εἶτα βλαστὸς γίνεται, μετὰ ταῦτα ὄμφαξ, εἶτα σταφυλὴ παρεστηκυῖα.
4Ainsi en est-il de mon peuple : il a supporté des troubles et des afflictions ; ensuite il recevra des biens ».οὕτως καὶ ὁ λαός μου ἀκαταστασίας καὶ θλίψεις ἔσχεν· ἔπειτα ἀπολήψεται τὰ ἀγαθά.
5Ainsi donc, mes frères, n’ayons pas l’âme partagée mais persévérons dans l’espérance afin d’emporter aussi la récompense.ὥστε, ἀδελφοί μου, μὴ διψυχῶμεν, ἀλλὰ ἐλπίσαντες ὑπομείνωμεν, ἵνα καὶ τὸν μισθὸν κομισώμεθα.
6Il est fidèle en effet, celui qui a promis de rendre à chacun selon ses oeuvres.πιστὸς γάρ ἐστιν ὁ ἐπαγγειλάμενος τὰς ἀντιμισθιας ἀποδιδόναι ἑκάστῳ τῶν ἔργων αὐτοῦ.
7Si donc nous pratiquons la justice devant Dieu, nous entrerons dans son royaume, et nous recevrons l’effet des promesses « dont l’oreille n’a rien entendu, que l’oeil n’a pas vu et qui n’ont point pénétré dans le coeur de l’homme. » (1 Co 2, 9)ἐὰν οὖν ποιήσωμεν τὴν δικαιοσύνην ἐναντίον τοῦ θεοῦ, εἰσήξομεν εἰς τὴν βασιλείαν αὐτοῦ καὶ ληψόμεθα τὰς ἐπαγγελίας, ἃς οὖς οὐκ ἤκουσεν οὐδὲ ὀφθαλμὸς εἶδεν, οὐδὲ ἐπὶ καρδίαν ἀνθρώπου ἀνέβη.

Chapitre 12

1Donc attendons d’heure en heure le royaume de Dieu dans la charité et la justice, puisque nous ignorons le jour où Dieu se manifestera.Ἐκδεχόμεθα οὖν καθ’ ὥραν τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ ἐν ἀγάπῃ καὶ δικαιοσύνῃ, ἐπειδὴ οὐκ οἴδαμεν τὴν ἡμέραν τῆς ἐπιφανείας τοῦ θεου.
2Quelqu’un ayant en effet demandé au Seigneur lui-même quand est-ce que son royaume arriverait, il répondit : « Lorsque les deux (choses) n’en feront plus qu’une, lorsque l’extérieur sera comme l’intérieur, lorsque dans la rencontre de l’homme avec la femme il n’y aura ni homme ni femme ». (Auteur inconnu)ἐπερωτηθεὶς γὰρ αὐτὸς ὁ κύριος ὑπό τινος, πότε ἥξει αὐτοῦ ἡ βασιλεία, εἶπεν· Ὅταν ἔσται τὰ δύο ἕν, καὶ τὸ ἔξω ὡς τὸ ἔσω, καὶ τὸ ἄρσεν μετὰ τῆς θηλείας οὔτε ἄρσεν οὔτε θῆλυ.
3« Deux ne font qu’un », quand nous nous disons mutuellement la vérité et que, sans aucune feinte, il n’y a qu’une âme en deux corps.τὰ δύο δὲ ἕν ἐστιν, ὅταν λαλῶμεν ἑαυτοῖς ἀλήθειαν καὶ ἐν δυσὶ σώμασιν ἀνυποκρίτως εἴη μία ψυχή,
4« Et l’extérieur semblable à l’intérieur » signifie l’âme qui est appelée l’intérieur et le corps qui est appelé l’extérieur, et de même que ton corps est visible, ainsi ton âme doit se rendre manifeste par les bonnes oeuvres.καὶ τὸ ἔξω ὡς τὸ ἔσω, τοῦτο λέγει· τὴν ψυχὴν λέγει τὸ ἔσω, τὸ δὲ ἔξω τὸ σώμα λέγει· ὃν τρόπον οὖν σου τὸ σῶμα φαίνεται, οὕτως καὶ ἡ ψυχή σου δῆλος ἔστω ἐν τοῖς καλοῖς ἔργοις.
5« Dans la rencontre de l’homme avec la femme, ni homme ni femme » signifie qu’un frère à la vue d’une soeur ne pense point au sexe féminin à son propos, et qu’elle à son tour ne pense point au masculin.καὶ τὸ ἄρσεν μετὰ τῆς θηλείας, οὔτε ἄρσεν οὔτε θῆλυ, ταῦτο λέγει· ἵνα ἀδελφὸς ἰδὼν ἀδελφὴν οὐδὲν φρονῇ περὶ αὐτῆς θηλυκόν, μηd` φρονῇ τι περὶ αὐτοῦ ἀρσενικόν.
6Si vous agissez ainsi, veut-il dire, le royaume de mon Père viendra.ταῦτα ὑμῶν ποιούτων, φησίν, ἐλεύσεται ἡ βασιλεία τοῦ πατρός μου.

Chapitre 13

1Désormais donc, frères, faisons pénitence, restons sobres pour (faire) le bien : car nous sommes remplis de toute espèce de folie et de malice. Effaçons nos péchés passés et opérons notre salut par une pénitence du fond de l’âme. Ne courtisons pas les hommes ; souhaitons de plaire non pas seulement à nous, mais encore à ceux du dehors en vue de la justice, de peur que le nom (de Dieu) ne soit blasphémé à cause de nous.Ἀδελφοὶ οὖν, ἤδη ποτὲ μετανήσωμεν, νήψωμεν ἐπὶ τὸ ἀγαθόν· μεστοὶ γάρ ἐσμεν πολλῆς ἀνοίας καὶ´πονηρίας. ἐξαλείψωμεν ἀφ’ ἡμῶν τὰ πρότερα ἁμαρτήματα καὶ μετανοήσαντες ἐκ ψυχῆς σωθῶμεν, καὶ μὴ γινώμεθα ἀνθρωπάρεσκοι μηδὲ θέλωμεν μόνον ἑαυτοῖς ἀρέσκειν, ἀλλὰ καὶ τοῖς ἔξω ἀνθρώποις ἐπὶ τῇ δικαιοσύνῃ, ἵνα τὸ ὄνομα δι’ ἡμᾶς μὴ βλασφημῆται.
2Le Seigneur dit en effet : « Sans cesse mon nom est blasphémé dans toutes les nations » (Is 52, 5). Et ailleurs : « Malheur à celui qui fait blasphémer mon nom! » En quoi le faites-vous blasphémer? En ce que vous ne faites pas ce que je veux.λέγει γὰρ ὁ κύριος· Διὰ παντὸς τὸ ὀνομά μου βλασφημεῖται ἐν πᾶσιν τοῖς ἔθνεσιν, καὶ πάλιν· Οὐαὶ δι’ ὃν βλασφημεῖται τὸ ὀνομά μου. ἐν τίνι βλασφημεῖται; ἐν τῷ μὴ ποιεῖν ὑμᾶς ἃ βούλομαι.
3Les païens en effet, quand ils entendent de notre bouche les paroles de Dieu, en admirent la beauté et la sublimité ; mais apprenant ensuite que nos oeuvres ne répondent pas à nos paroles, ils en viennent à blasphémer en disant que c’est une fable et une erreur.τὰ ἔθνη γὰρ ἀκούοντα ἐκ τοῦ στόματος ἡμῶν τὰ λόγια τοῦ θεοῦ ὡς καλὰ καὶ μεγάλα θαυμάζει· ἔπειτα καταματων ὧν λέγομεν, ἔνθεν εἰς βλασφημίαν τρέπονται, λέγοντες εἶναι μῦθόν τινα καὶ πλάνην.
4Car quand ils entendent de notre part que Dieu dit : « Vous n’avez pas de mérite à aimer ceux qui vous aiment, mais vous en avez à aimer vos ennemis et ceux qui vous haïssent » (Lc 6, 32.35), ils admirent, en nous écoutant, l’excès de cette bonté. Mais quand ils voient que, loin d’aimer ceux qui nous haïssent, nous n’aimons même pas ceux qui nous aiment, ils se moquent de nous, et le nom (de Dieu) est blasphémé. γὰρ ἀκούσωσιν παῤ ἡμῶν, ὅτι λέγει ὁ θεός: Οὐ χάρις ὑμῖν, εἰ ἀγαπᾶτε τοὺς ἀγαπῶντας ὑμᾶς, ἀλλὰ χάρις ὑμῖν, εἰ ἀγαπᾶτε τοὺς ἐχθροὺς καὶ τοὺς μισοῦντας ὑμᾶς: ταῦτα ὅταν ἀκούσωσιν, θαυμάζουσιν τὴν ὑπερβολὴν τῆς ἀγαθότητος: ὅταν δὲ ἴδωσιν, ὅτι οὐ μόνον τοὺς μισοῦντας οὐκ ἀγαπῶμεν, ἀλλ̓ ὅτι οὐδὲ τοὺς ἀγαπῶντας, καταγελῶσιν ἡμῶν, καὶ βλασφημεῖται τὸ ὄνομα.

Chapitre 14

1C’est donc, frères, en faisant la volonté de Dieu notre Père que nous appartiendrons à la première Église spirituelle, qui fut créée avant le soleil et la lune. Si, au contraire, nous ne faisons pas la volonté du Seigneur, nous ressortirons à l’Écriture qui dit : « Ma maison est devenue une caverne de voleurs » (Jr 7, 11). Préférons donc appartenir à l’Église de vie afin d’être sauvés.Ὥστε, ἀδελφοί, ποιοῦντες τὸ θέλημα τοῦ πατρὸς ἡμῶν θεοῦ ἐσόμεθα ἐκ τῆς ἐκκλησίας τῆς πρώτης, τῆς πνευματικῆς, τῆς πρὸ ἡλίου καὶ σελήνης ἐκτισμένης. ἐὰν δὲ μὴ ποιήσωμεν τὸ θέλημα κυρίου, ἐσόμεθα ἐκ τῆς γραφῆς τῆς λεγούσης· Ἐγενήθη ὁ οἶκός μου σπήλαιον λῃστῶν. ὥστε οὖν αἱρετισώμεθα ἀπὸ τῆς ἐκκλησίας τῆς ζωῆς εἶναι, ἵνα σωθῶμεν.
2Vous n’ignorez pas, je pense, que « l’Église » vivante « est le corps du Christ » (Ep 1, 22.23), car l’Écriture dit: « Dieu fit l’homme mâle et femelle » (Gn 1, 27); le mâle, c’est le Christ ; la femelle, c’est l’Église. Et les livres des prophètes et les apôtres enseignent que l’Église ne date pas d’à présent, mais de l’origine; elle était spirituelle tout comme notre Jésus, et elle a apparu dans les derniers jours pour nous sauver.οὖκ οἴομαι δὲ ὑμᾶς ἀγνοεῖν, ὅτι ἐκκλησία ζῶσα σῶμά ἐστιν Χριστοῦ· λέγει γὰρ ἡ γραφή· Ἐποίησεν ὁ θεὸς τὸν ἄνθρωπον ἄρσεν καὶ θῆλυ· τὸ ἄρσεν ἐστὶν ὁ Χριστός, τὸ θῆλυ ἡ ἐκκλησία· καὶ ἔτι τὰ βιβλία καὶ οἱ ἀπόστολοι τὴν ἐκκλησίαν οὐ νῦν εἶνι λέγουσιν ἀλλὰ ἄνωθεν. ἦν γὰρ πνευματική, ὡς καὶ ὁ Ἰησοῦς ἡμῶν, ἐφανερώθη δὲ ἐπ’ ἐσχάτων τῶν ἡμέρῶν, ἵνα ἡμᾶς σώσῃ.
3Et l’Église qui était spirituelle est devenue visible dans la chair du Christ, nous montrant ainsi que si l’un de nous garde l’Église dans sa chair sans la corrompre, il la recevra dans le Saint-Esprit; car cette chair est une copie de l’esprit : quiconque en corrompt la copie ne peut participer à l’original. Cela veut donc dire, frères : Respectez la chair, afin d’avoir part à l’esprit.ἡ ἐκκλησία δὲ πνευματικὴ οὖσα ἐφανερώθη ἐν τῇ σαρκὶ Χριστοῦ, δηλοῦσα ἡμῖν φθείρῃ, ἀπολήψεται αὐτὴν ἐν τῷ πνεύματι τῷ ἁγίῳ· ἡ γὰρ σὰρξ αὕτη ἀντίτυπός ἐστιν τοῦ πνεύματος· οὐδεὶς οὖν τὸ ἀντίτυπον φθείρας τὸ αὐθεντικὸν μεταλήψεται. ἄρα οὖν τοῦτο λέγει, ἀδελφοί· τηρήσατε τὴν σάρκα, ἵνα τοῦ πνεύματος μεταλάβητε.
4Or si nous disons que la chair est l’Église et que l’esprit est le Christ, il s’ensuit que celui qui outrage la chair outrage l’Église. Un tel homme n’aura point de part à l’esprit qui est le Christ.εἰ δὲ λέγομεν εἶναι τὴν σάρκα τὴν ἐκκλησίαν καὶ τὸ πνεῦμα Χριστόν, ἄρα οὖν ὁ ὑβρίσας τὴν σάρκα ὕβρισεν τὴν ἐκκλησίαν. ὁ τοιοῦτος οὖν οὐ μεταλήψεται τοῦ πνεύματος, ὁ ἐστιν ὁ Χριστός.
5Telle est la vie et l’incorruptibilité à laquelle notre chair peut avoir part, grâce à son union avec l’Esprit-Saint ; et nul ne peut décrire ni définir les biens « que le Seigneur a préparés » (1 Co 2, 9) à ses élus. τοσαύτην δύναται ἡ σὰρξ αὕτη μεταλαβεῖν ζωὴν καὶ ἀφθαρίαν κολληθέντος αὐτῇ τοῦ πνεύματος τοῦ ἁγίου, οὐτε, ἐξειπεῖν τις δύναται οὔτε λαλῆσαι ἃ ἡτοίμασεν ὁ κύριος τοῖς ἐκλεκτοῖς αὐτοῦ.

Chapitre 15

1Je ne pense pas avoir donné là un conseil peu important sur la continence. Quiconque le suivra ne s’en repentira pas, mais il se sauvera et moi, qui l’ai conseillé, avec lui. Car ce n’est pas un petit mérite de ramener au salut une âme égarée et en train de se perdre.Οὐκ οἴομαι δέ, ὅτι μικρὰν συμβουλίαν ἐποιησάμην περὶ ἐγκρατείας, ἣν ποιήσας τις οὐ μετανοήσει, ἀλλὰ καὶ ἑαυτὸν σώσει κἀμὲ τὸν συμβουλεύσαντα. μισθὸς γὰρ οὔκ ἐστιν μικρὸς πλανωμένην ψυχὴν καὶ ἀπολλυμένην ἀποστρέψαι εἰς τὸ σωθῆναι.
2Or c’est la compensation que nous pouvons donner à Dieu qui nous a créés, prédicateur de prêcher, et auditeur d’écouter, avec foi et charité.ταύτην γὰρ ἔχομεν τὴν ἀντιμισθίαν ἀποδοῦναι τῷ θεῷ τῷ κτίσαντι ἡμᾶς, ἐὰν ὁ λέγων καὶ ἀκούων μετὰ πίστεως καὶ ἀγάπης καὶ λέγῃ καὶ ἀκούῃ.
3Demeurons donc justes et pieux, appuyés sur les choses que nous avons crues, afin de prier avec ouverture de coeur le Dieu qui a dit : « Tu parleras encore que je répondrai : Me voici ». (Is 58, 9)ἐμμείνωμεν οὖν ἐφ’ οἷς ἐπιστεύσαμεν δίκαιοι καὶ ὅσιοι, ἵνα μετὰ παρρησίας αἰτῶμεν τὸν θεὸν τὸν λέγοντα· Ἔτι λαλοῦντός σου ἐρῶ· ἰδοὺ πάρειμι.
4Cette parole est le signe d’une magnifique promesse : puisque le Seigneur se déclare plus disposé à donner que le suppliant (à demander).τοῦτο γὰρ τὸ ῥῆμα μεγάλης ἐστιν ἐπαγγελίας σημεῖον· ἑτοιμότερον γὰρ ἑαυτὸν λέγει ὁ κύριος εἰς τὸ διδόναι τοῦ αἰτοῦντος.
5Recevons donc une part de cette grande bonté, et ne nous envions pas mutuellement la possession de si grands biens. Autant la parole de Dieu apporte de joies pour ceux qui la pratiquent, autant elle attire de condamnations a ceux qui lui désobéissent. τοσαύτης οὖν χρηστότητος μεταλαμβάνοντες μὴ φθονήσωμεν ἑαυτοῖς τυχεῖν τοσούτων ἀγαθῶν. ὅσην γὰρ ἡδονὴν ἔχει τὰ ῥήματα ταῦτα τοῖς ποιήσασιν αὐτά, τοσαύτην κατάκρισιν ἔχει τοῖς παρακούσασιν.

Chapitre 16

1Ainsi, frères, saisissons une belle occasion de faire pénitence; nous en avons le temps, convertissons-nous au Dieu qui nous a appelés, tandis que nous l’avons prêt à nous accueillir.Ὥστε, ἀδελφοί, ἀφορμὴν λαβόντες οὐ μιδρὰν εἰς τὸ μεταμοῆσαι, καιρὸν ἔχοντες ἐπιστρέψωμεν ἐπὶ τὸν καλέσαι ἡμᾶς θεόν, ἕως ἔτι ἔχομεν τὸν παραδεχόμενον ἡμᾶς.
2Si en effet nous renonçons aux voluptés, et que nous triomphions de notre âme en n’exécutant point ses mauvais désirs, nous aurons part à la miséricorde de Jésus.ἐὰν γὰρ ταῖς ἡδυπαθείαις ταύταις ἀποταξώμεθα καὶ τὴν ψυχὴν ἡμῶν νικήσωμεν ἐν τῷ μὴ ποιεῖν τὰς ἐπιθυμίας αὐτῆς τὰς πονηράς, μεταληψόμεθα τοῦ ἐλέους Ἰησοῦ.
3Connaissez que déjà « vient le jour du jugement semblable à une fournaise ardente » (LXX: Ml 3, 19) : « quelques-uns des cieux et la terre entière se liquéfieront » (Is 34, 4) comme le plomb fondu sur le feu ; et alors seront manifestées les oeuvres secrètes ou publiques des hommes.γινώσκετε δέ, ὅτι ἔρχεται ἤδη ἡ ἡμέρα τῆς κρίσεως ὡς κλίβανος καιόμενος, καὶ τακήσονταί τινες τῶν οὐρανῶν καὶ πᾶσα ἡ γῆ ὡς μόλιβος ἐπὶ πυρὶ τηκόμενος· καὶ τότε φανήσεται τὰ κρύφια καὶ φανερὰ ἔργα τῶν ἀνθρώπων.
4L’aumône est excellente comme pénitence du péché ; le jeûne vaut mieux que la prière, mais l’aumône vaut mieux que l’un et l’autre. « La charité couvre la multitude des péchés, » (1 P 4, 8) et la prière qui vient d’une bonne conscience délivre de la mort. Heureux tout homme qui se trouve parfait en ces choses : car l’aumône allège le péché. καλὸν οὖν ἐλεημοσύνη ὡς μετάνοια ἁμαρτίας· κρείσσων νηστεία προσευχῆς, ἐλεημοσύνη δὲ ἀμφοτέρων· ἀγάπη δὲ καλύπτει πλῆθος ἁμαρτιῶν, προσευχὴ δὲ ἐκ καλῆς συνειδήσεως ἐκ θανάτου ῥύεται. μακάριος πᾶς ὁ εὑρεθεὶς ἐν τούτοις πλήρης· ἐλεημοσύνη γὰρ κούφισμα ἁμαρτίας γίνεται.

Chapitre 17

1Faisons donc pénitence de tout notre coeur afin qu’aucun d’entre nous ne périsse. S’il nous est enjoint de travailler à détourner des idoles et à enseigner la doctrine, à plus forte raison ne faut-il pas laisser périr une âme qui connaît déjà Dieu.Μετανοήσωμεν οὖν ἐξ ὅλης καρδίας, ἵνα μή τις ἡμῶν παραπόληται. εἰ γὰρ ἐντολὰς ἔχομεν, ἵνα καὶ τοῦτο πράσσωμεν, ἀπὸ τῶν εἰδώλων ἀποσπᾶν καὶ κατηχεῖν, πόσῳ μᾶλλον ψυχὴν ἤδη γινώσκουσαν τὸν θεὸν οὐ δεῖ ἀπόλλυσθαι;
2Aidons-nous les uns les autres, de manière à entraîner les faibles eux-mêmes au bien, pour être tous sauvés, pour nous convertir et nous reprendre les uns les autres. συλλάβωμεν οὖν ἑαυτοῖς καὶ τοὺς ἀσθενοῦντας ἀνάγειν περὶ τὸ ἀγαθόν, ὅπως σωθῶμεν ἅπαντες καὶ ἐπιστρέψωμεν ἀλλήλους καὶ νουθετήσωμεν.
3Ne paraissons pas croyants et attentifs seulement a l’instant où les presbytres nous exhortent; mais quand nous sommes rentrés chez nous, souvenons-nous des commandements du Seigneur, ne nous laissons pas entraîner par les désirs terrestres, mais assemblons-nous souvent et efforçons-nous de progresser dans les préceptes du Seigneur, afin qu’ « ayant tous les mêmes sentiments » (Rm 12, 16), nous soyons unis pour la vie.καὶ μὴ μόνον ἄρτι δοκῶμεν πιστεύειν καὶ προσέχειν ἐν τῷ νουθετεῖσθαι ἡμᾶς ὑπὸ τῶν πρεσβυτέρων, ἀλλὰ καὶ ὅταν εἰς οἶκον ἀπαλλαγῶμεν, μνημονηεύωμεν τῶν τοῦ κυρίου ἐνταλμάτων καὶ μὴ ἀντιπαρελκώμεθα ἀπὸ τῶν κοσμικῶν ἐπιθυμιῶν, ἀλλὰ πυκνότερον προσερχόμενοι πειρώμεθα προκόπτειν ἐν ταῖς ἐντολαῖς τοῦ κυρίου, ἵνα´πάντες τὸ αὐτὸ φρονοῦντες συνηγμένοι ὦμεν ἐπὶ τὴν ζωήν·
4Le Seigneur a dit en effet : « Je viens rassembler toutes les nations, toutes les tribus, toutes les langues. » (Is 66, 18) Ici est désigné le jour de sa manifestation où il viendra nous racheter, chacun suivant ses oeuvres.εἶπεν γὰρ ὁ κύριος· Ἔρχομαι συναγαγεῖν πάντα τὰ ἔθνη, φυλὰς καὶ γλώσσας· τοῦτο δὲ λέγει τὴν ἡμέραν τῆς ἐπιφανείας αὐτοῦ, ὅτε ἐλθὼν λυτρώσεται ἡμᾶς, ἕκαστον κατὰ τὰ ἔργα αὐτοῦ.
5Et les incrédules « verront sa gloire » (Is 66, 18) et sa puissance, ils seront tout dépaysés en apercevant la souveraineté du monde en Jésus et ils diront : Malheur à nous! c’est bien toi, et nous ne l’avons pas su, et nous n’avons ni cru ni obéi aux presbytres qui nous annonçaient notre salut. « Et leur ver ne mourra pas, et leur feu ne s’éteindra pas, et ils seront en spectacle à toute chair. » (Is 66, 24)καὶ ὄψονται τὴν δόξαν αὐτοῦ καὶ τὸ κράτος οἱ ἄπιστοι, και ξενισθήσονται ἰδόντες τὸ βασίλειον τοῦ κόσμου ἐν τῷ Ἰησοῦ, λέγοντες· Οὐαὶ ἡμῖν, ὅτι σὺ ἦς, καὶ οὐκ ᾔδειμεν καὶ οὐκ ἐπιστεύομεν καὶ οὐκ ἐπειθόμεθα τοῖς πρεσβυτέροις τοῖς ἀναγγέλλουσιν ἡμῖν περὶ τῆς σωτηρίας ἡμῶν. καὶ ὁ σκώληξ αὐτῶν οὐ τελευτήσει καὶ τὸ πῦρ αὐτῶν οὐ σβεσθήσεται, καὶ ἔσονται εἰς ὅρασιν πάσῃ σαρκί.
6Il entend par là le jour du jugement, où l’on verra ceux qui parmi nous auront agi en impies et qui auront faussement calculé à l’endroit des préceptes de Jésus-Christ.τὴν ἡμέραν ἐκείνην λέγει τῆς κρίσεως, ὅταν ὄψονται τοὺς ἐν ἡμῖν ἀσεβήσαντας καὶ παραλογισαμένους τὰς ἐντολὰς Ἰησοῦ Χριστοῦ.
7Quant aux justes qui auront fait le bien, supporté les tourments, haï les voluptés de leur âme, lorsqu’ils verront punir par de terribles supplices et dans un feu inextinguible ceux qui auront fait fausse route et nié Jésus par les paroles ou les oeuvres, ils rendront gloire à leur Dieu et proclameront qu’il y a une espérance pour celui qui a servi Dieu de tout son coeur! οἱ δὲ δίκαιοι εὐπραγήσαντες καὶ ὑπομείναντες τὰς βασάνους καὶ μισήσαντες τὰς ὑδυπαθείας τῆς ψυχῆς, ὅταν θεάσωνται τοὺς ἀστοχήσαντας καὶ ἀρνησαμένους διὰ τῶν λόγων ἢ διὰ τῶν ἔργων τὸν Ἰησοῦν, ὅπως κολάζονται δειναῖς βασάνοις πυρὶ ἀσβέστῳ ἔσονται δόξαν διδόντες τῷ θεῷ αὐτῶν λέγοντες, ὅτι ἔστα ἐλπὶς τῷ δεδουλευκότι θεῷ ἐξ ὅλης καρδίας.

Chapitre 18

1Et nous aussi soyons de ceux qui rendent grâces à Dieu, de ceux qui l’ont servi, et non pas de ces impies qui sont condamnés.Καὶ ἡμεῖς οὖν γενώμεθα ἐκ τῶν εὐχαρετούντων, δεδουλευκότων τῷ θεῷ, καὶ μὴ ἐκ τῶν κρινομένων ἀσεβῶν.
2Moi-même qui suis pécheur de part en part, n’étant point encore dérobé à la tentation, mais en plein dans les machines du diable, je me hâte de poursuivre la justice, afin que je puisse au moins en approcher, car je redoute le jugement futur. καὶ γὰρ αὐτὸς πανθαμαρτωλὸς ὢν καὶ μήπω φυγὼν τὸν πειρασμόν, ἀλλ’ ἔτι ὢν ἐν μέσοις τοῖς ὀργάνοις τοῦ διαβόλου σπουδάζω τὴν δικαιοωύνην διώκειν, ὅπως ἰσχύσω κἂν ἐγγὺς αὐτῆς γενέσθαι, φοβούμενος τὴν κρίσιν τὴν μέλλουσαν.

Chapitre 19

1Donc, frères et soeurs, après (la parole du) Dieu de vérité, je vous lis cette exhortation, afin qu’en prêtant attention aux choses qui ont été écrites, vous vous sauviez vous-mêmes et votre lecteur avec vous. Le salaire que je vous demande c’est que vous vous repentiez de tout votre coeur, afin de vous assurer le salut et la vie. En agissant ainsi, nous montrerons le but à tous les jeunes gens qui veulent se dépenser à (imiter) la piété et la bonté de Dieu.Ὥστε, ἀδελφοὶ καὶ ἀδελφαί, μετὰ τὸν θεὸν τῆς ἀληθείας ἀναγινώσκω ὑμῖν ἔντευξιν εἰς τὸ προσέχειν τοῖς γεγραμμένοις, ἵνα καὶ ἑαυτοὺς σώσητε καὶ τὸν ἀναγινώσκοντα ἐν ὑμῖν. μισθὸν γὰρ αἰτῶ ὑμᾶς τὸ μετανοῆσαι ἐξ ὅλης καρδίας, σωτηρίαν ἑαυτοῖς καὶ ζωὴν διδόντας. τοῦτο γὰρ ποιήσαντες σκοπὸν πᾶσιν τοῖς νέοις θήσομεν, τοῖς βουλομένοις περὶ τὴν εὐσέβειαν καὶ τὴν χρηστότητα τοῦ θεοῦ φιλοπονεῖν.
2Nous qui ne sommes pas des sages, ne soyons ni vexés, ni indignés, si l’on nous reprend et si l’on nous convertit de l’iniquité à la justice. Parfois en effet nous faisons le mal sans nous en apercevoir, par suite des tergiversations et de l’incrédulité de nos coeurs ; et « notre intelligence est obscurcie » (Ep 4, 18) par les vains désirs.καὶ μὴ ἀηδῶς ἔχωμεν καὶ ἀγανακτῶμεν οἱ ἄσοφοι, ὅταν τις ἡμᾶς νουθετῇ καὶ ἐπιστρέφῃ ἀπὸ τῆς ἀδικίας εἰς τὴν δικαιοσύνην. ἐνίοτε γὰρ πονηρὰ πράσσοντες οὐ γινώσκομεν διὰ τὴν διψυχίαν καὶ ἀπιστίαν τὴν ἐνοῦσαν ἐν τοῖς στήθεσιν ἡμῶν, καὶ ἐσκοτίσμεθα τὴν διάνοιαν ὑπὸ τῶν ἐπιθυμιῶν τῶν ματαίων.
3Pratiquons la justice pour qu’à la fin nous soyons sauvés. Heureux ceux qui obéissent à ces préceptes! même s’ils ont à souffrir un peu de temps en ce monde, ils vendangeront le fruit immortel de la résurrection.πράξωμεν οὖν τὴν δικαιοφύνην, ἵνα εἰς τέλος σωθῶμεν. μακάριοι οἱ τούτοις ὑπακούοντες τοῖς προστάγμασιν· κἂν ὀλίγον χρόνον κακοπαθήσωσιν ἐν τῷ κόσμῳ τούτῳ, τὸν ἀθάνατον τῆς ἀναστάσεως καρπὸν τρυγήσουσιν.
4Que l’homme pieux ne s’attriste donc pas si présentement il est malheureux. D’heureux jours l’attendent : ressuscité, il se réjouira là-haut avec ses pères pour la bienheureuse éternité. μὴ οὖν λυπείσθω ὁ εὐσεβής, ἐὰν ἐπὶ τοῖς νῦν χρόνος· ἐκεῖνος ἄνω μετὰ τῶν πατέρων ἀναβιώσας εὐφρανθήσεται εἰς τὸν ἀλύπητον αἰῶνα.

Chapitre 20

1Que notre esprit ne se trouble pas non plus à la vue des méchants dans la richesse et des serviteurs de Dieu dans la détresse.Ἀλλὰ μηδὲ ἐκεῖνο τὴν διάνοιαν ὑμῶν ταρασσέτω, ὅτι βλέπομεν τοὺς ἀδίκους πλουτοῦντας καὶ στενοχωρουμένους τοὺς τοῦ θεοῦ δούλους.
2Ayons la foi, frères et soeurs : nous combattons le combat d’épreuve du Dieu vivant et nous nous exerçons en cette vie, afin d’être couronnés en l’autre.πιστεύωμεν οὖν, ἀδελφοὶ καὶ ἀδελφαί· θεοῦ ζῶντος πεῖραν ἀθλοῦμεν καὶ γυμναζόμεθα τῷ νῦν βίῳ, ἵνα τῷ μέλλοντι στεφανωθῶμεν.
3Aucun des Justes n’a cueilli de fruit précoce, mais il l’attend.οὐδεὶς τῶν δικαίων ταχὺν καρπὸν ἔλαβεν, ἀλλ’ ἐκδέχεται αυτόν.
4Si Dieu donnait promptement aux justes leur récompense, ce serait bien vite un négoce et non plus la piété que nous pratiquerions; nous aurions l’apparence d’être justes, alors que nous poursuivrions non la piété, mais le lucre. Et pour cette cause le jugement de Dieu frappe l’esprit qui n’est pas juste et il le charge de liens.εἰ γὰρ τὸν μισθὸν τῶν δικαίων ὁ θεὸς συντόμως ἀπεδίδου, εὐθέως ἐμπορίαν ἠσκοῦμεν καὶ οὐ θεοσέβειαν· ἐδοκοῦμεν γὰρ εἶναι δίκαιοι, οὐ τὸ εὐσεβές, ἀλλὰ τὸ κερδαλέον διώκοντες. καὶ διὰ τοῦτο θεία κρίσις ἔβλαψεν πνεῦμα μὴ ὂν δίκαιον, καὶ ἐβάρυνεν δεσμοῖς.
5Au Dieu unique et invisible, au Père de la vérité qui nous a envoyé le Sauveur et l’auteur de l’incorruptibilité, qui nous a manifesté par lui la vérité et la vie céleste ; à Lui soit la gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Épitre deuxième de Clément aux Corinthiens. Τῷ μόνῳ θεῷ ἀοράτῳ, πατρὶ τῆς ἀληθείας, τῷ ἐξαποστείλαντι ἡμῖν τὸν σωτῆρα καὶ ἀρχηγὸν τῆς ἀφθαρσίας, δι’ οὗ καὶ ἐφανέρωσεν ἡμῖν τὴν ἀλήθειαν καὶ τὴν ἐπουράνιον ζωήν, αὐτῷ ἡ δόξα εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. ἀμήν. Κλήμεντος πρὸς Κορινθίους ἐπιστολὴ β̅.

 

-André Gilbert, décembre 2025